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Plusieurs millions de chômeurs en France désespèrent de trouver un emploi et peinent à joindre les deux bouts... les fameux "sans dents". Et pendant ce temps, grâce aux élus locaux qui se moquent complètement du peuple qui a voté pour eux et à qui ils doivent pourtant leur confortable place et leur salaire, le mastodonte Bouygues fait fructifier son tiroir-caisse.

Belfort. « Quand on se balade sur ce chantier, on n’entend parler qu’italien, portugais, espagnol ou polonais, et pas un mot de français » explique un chef d’entreprise du BTP belfortain. Il suffit de se rendre sur le parking extérieur du futur hôpital du Nord Franche-Comté à Trévenans pour constater effectivement une forte présence de plaques minéralogiques étrangères.

Pour Louis Deroin, président de la CGPME (confédération générale des petites et moyennes entreprises) du Territoire de Belfort, l’explication est d’une simplicité ubuesque : « D’après une étude très poussée de nos services, près de 80 % de ce marché obtenu en grande partie par l’entreprise Pertuy, filiale du groupe Bouygues, a été sous-traité à des sociétés étrangères ! ».

En l’occurrence, espagnoles, portugaises, italiennes, polonaises et slovaques, qui cassent les prix, envoient leurs ouvriers à Trévenans dans des minibus à neuf places et apportent même leurs propres matériaux, sans les acheter sur place. De quoi irriter les entreprises du BTP de l’Aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt, complètement exclues. Certaines se sont regroupées en s’adossant au groupe Eiffage pour tenter d’obtenir une parcelle du marché, mais ont dû renoncer : Pertuy leur demandait jusqu’à 30 % de réduction. Autant mettre tout de suite la clé sous la porte.

Jusqu’à cet été, ce détournement de l’activité économique a été masqué par le chantier du pôle logistique de l’hôpital, échu à l’entreprise Vinci. C’est le chantier de l’unité hospitalière emporté par Pertuy, qui a créé le malaise, comme l’explique Louis Deroin, par ailleurs assureur à Valentigney et vice-président de la chambre de commerce et d’industrie de Belfort : « La bouffée d’oxygène attendue, dans un contexte très morose, n’a pas eu lieu, à cause du non-fractionnement des lots, et ce en toute légalité puisque les règles d’attribution des marchés publics et le droit européen ont été respectés. Nous avons été alertés par plusieurs chefs d’entreprise en juillet, dont Jackie Bernard, à la tête de la société des peintures belfortaines. Vice-président de la CGPME 90 et président de l’association d’insertion Bâti Emploi à Montbéliard, il a pu constater que la clause imposant des travailleurs en insertion était quasiment inexistante sur ce chantier. Nous avons aussitôt mis en place un groupe de travail ».

Son constat est sans appel : concentrant son analyse sur les grandes masses liées à l’impôt sur les sociétés, sur les revenus, sur les cotisations sociales et sur le coût du non-emploi, il estime à 46 % la perte de recettes fiscales et sociales pour l’état français. Ce qui représente plus de 24 millions d’euros sur une enveloppe de 75 millions étalée sur trois ans. La CGPME préconise donc une clause de retombées économiques locales en respectant le principe européen qui interdit le protectionnisme. Une sorte de ratio bénéficiant à l’économie locale, histoire de respecter l’adage : « Quand le bâtiment va… ».

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/09/04/80-de-sous-traitance-etrangere

Belfort : 80 % de sous-traitance étrangère !

Reportage de Pascal Schaebélé et Frédéric Buridant. Avec Alain Sarter, chef de projet centre hospitalier Belfort-Montbéliard ; Pierre Roche, directeur général du CHBM et Pirouz Yazdi, architecte directeur des travaux.

Tag(s) : #Anti-France

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