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Cette infortunée princesse, qui fut, personne ne l’ignore, l’amie dévouée de la reine Marie-Antoinette, avait eu la faiblesse, en 1777, de se laisser affilier à la Franc-Maçonnerie, dont elle ne soupçonnait pas les tendances. Le but de la secte était, à cette époque, d’accaparer quelques personnes de la Cour, surtout celles admises dans l’intimité des souverains. La princesse aimait les fêtes ; on la prit par son faible. Elle fut initiée par la Loge La Candeur, de Paris.

En 1781, elle fut élue Grande Maîtresse de la Mère Loge Ecossaise d’Adoption, c’est-à-dire qu’elle fut mise à la tête des Loges de Dames. D’un esprit très léger, elle ne comprit pas ce qui se tramait dans les Loges et n’ouvrit les yeux que lorsque la Révolution eut éclaté. Mais alors elle fit son devoir sans aucune défaillance. Elle s’efforça de réparer le mal dont elle avait été la complice inconsciente. En novembre 1791, elle prit l’initiative de la surveillance qu’il était nécessaire d’exercer sur tous les foyers de conspiration. La secte jura de lui faire payer de sa vie son loyal retour au bien.

Au 10 août 1792, la princesse de Lamballe suivit, avec le plus grand courage, la famille royale à l’Assemblée, puis au Temple. Dans la nuit du 19 au 20 août, elle fut transférée à la Force.

Son sacrifice était héroïque ; elle savait, la malheureuse, quel sort l’attendait. On en a la preuve. En effet, c’est après la fuite de Varennes en juin 1791 que la princesse avait eu les preuves du rôle joué par la secte. Chargée d’une mission en Angleterre, elle avait constaté, avec douleur, l’influence que les Loges exerçaient sur Pitt, le conseiller du roi Georges ; celui-ci avait refusé son intervention, Pitt avait été jusqu’à dire que Louis XVI n’avait que ce qu’il méritait. Après un court séjour en Angleterre, la princesse était passée à Aix-la-Chapelle ; c’est à ce moment qu’elle avait brisé les liens maçonniques. Elle avait rompu avec la secte, et, circonstance significative, fait aussitôt son testament ; ce document, qui a été publié, est daté du 15 octobre 1791. Puis, elle était rentrée en France, pour lier son sort à celui de la famille royale.

Le 3 septembre 1792, vers 8 heures du matin, deux gardes nationaux pénètrèrent dans la cellule de la princesse de Lamballe à la prison de la Force. Sans égard pour son air défait, ils lui intimèrent l'ordre de les suivre pour être transférée à la prison de l'Abbaye. Elle refusa de quitter sa cellule, ayant entendu parler de massacres perpétrés depuis la veille dans les prisons parisiennes.

Toute la nuit, elle avait entendu les cris, les hurlements, les roulements de tambours, les injures et les râles. La tuerie aurait été déclenchée par la rumeur d'un complot aristocratique. Le peuple mené par de sanguinaires sans-culottes égorgeait des centaines de nobles, mais aussi des prêtres, des femmes et des enfants. Ils ont été éventrés, démembrés, hachés, piétinés, désossés et même dévorés !

Face au refus de la détenue, les deux gardes nationaux partirent chercher de nouveaux ordres. Pendant ce temps, la foule rassemblée autour de la prison commençait à scander le nom de Lamballe et à réclamer sa mise à mort. Celle-ci tomba évanouie. Sa femme de chambre, qui n'avait pas voulu la quitter, la fit revenir à elle. Elle délire. Vers 11 heures, la porte s'ouvrit avec fracas, poussée par les deux mêmes gardes nationaux qui lui ordonnèrent de venir à l'instant parler à des commissaires de la commune qui l'attendaient au greffe.

Le temps d'enfiler une robe blanche toute simple et d'enfermer sa magnifique chevelure blonde dans un bonnet de coton, la princesse les suivit. Comme elle hésitait encore, ils l'empoignèrent sans ménagement par le bras.

Elle comparut devant le tribunal de sang, présidé par le franc-maçon Hébert. Dans le greffe, plusieurs sinistres membres du comité de surveillance de la Commune du 10 août, ceints de leur écharpe, jugeaient les détenus à la chaîne. Aussitôt condamnés à mort, ils étaient égorgés par des hommes couverts de sang. À la vue des cadavres ensanglantés, la princesse de Lamballe s'évanouit de nouveau. Sa femme de chambre la releva. Les menaces reprirent de plus belle. Elle perdit de nouveau connaissance, se tordant sur le sol.

Un juge brandit trois lettres qui trouvées dans son bonnet, dont une de Marie-Antoinette. L'interrogatoire débuta :

- Qui êtes-vous ?

- Marie-Louise, princesse de Savoie.

- Votre qualité ?

- Surintendante de la maison de la reine.

- Aviez-vous connaissance des complots de la cour au 10 août ?

- Je ne sais pas s'il y avait des complots au 10 août, mais je sais que je n'en avais aucune connaissance.

- Jurez la liberté, l'égalité, la haine du roi, de la reine et de la royauté.

- Je jurerai facilement les deux premiers, je ne puis jurer le dernier, il n'est pas dans mon coeur.

Entendant cette réponse, un ancien valet de chambre de la princesse mêlée à la foule se pencha vers elle. "Jurez donc, si vous ne jurez pas, vous êtes morte." La princesse se tut. Alors, le juge prononça la phrase : "Qu'on élargisse madame."

Madame de Lamballe fut conduite dans la rue du Roi-de-Sicile. Quelqu'un lui recommanda de crier "Vive la nation". Mais la vue des cadavres lui fait dire : "Fi ! L'horreur !" Elle ajouta : "Je suis perdue."

Aussitôt, un garçon perruquier ivre tenta de lui enlever sa perruque à la pointe de son sabre. Il fendit le front de la malheureuse, qui s'effondra en sang. Deux hommes grimaçant de haine la saisirent sous les bras pour l'obliger à marcher sur les cadavres. Elle était au bord de la syncope.

Dans la foule, des voix criaient "grâce, grâce !". Les assassins hésitèrent quelques secondes, mais un certain Charlat, tambour de son état, lui porta un terrible coup de bûche à la tête qui l'étendit raide. De multiples coups de pique l'achevèrent.

Le nègre Delorme, ramené de Saint-Domingue par Fournier l'Américain, s'empara du cadavre pour le déshabiller et éponger le sang afin d'en faire admirer la blancheur aristocratique. Ses gros doigts violèrent la morte. Il était hilare. La foule s'époumona. Les yeux brillaient d'une fureur incontrôlable, les gorges hurlaient des insanités, les bras dessinaient des obscénités.

Un garçon boucher nommé Allaigre s'empara de la tête de la princesse, qu'il sectionna adroitement avec un long couteau de boucher. C'était atroce. L'homme s'enfuit avec son butin sous le bras. Pendant ce temps, on continuait de profaner et de mutiler le corps dénudé de la princesse. On lui découpait les mamelles. Le même Charlat déchirait les entrailles et arrachait le coeur. Plus horrible, un inconnu découpa le sexe, qu'il porta à sa bouche pour en faire une moustache. Certains rapportèrent des scènes d'anthropophagie.

Pendant ce temps, la troupe qui s'est emparée de la tête et du coeur entreprit une tournée de Paris pour montrer son trophée, avec un premier arrêt chez un marchand de vin, rue du cul-de-sac des Prêtres. Les égorgeurs déposèrent madame de Lamballe sur le comptoir pendant qu'ils vidèrent des pichets de vin. Après avoir obligé le tenancier à boire, la troupe repartit. Deuxième arrêt chez un perruquier pour qu'il "accommode la tête de madame de Lamballe". Menacé de mort, il lui fallut obéir. Il lava la longue chevelure blonde collée par le sang, la tressa et la poudra. "Au moins, maintenant, Antoinette peut la reconnaître", lança malicieusement quelqu'un.

Le cortège prit la direction de l'abbaye de Saint-Antoine pour présenter la tête et le coeur à l'abbesse, ancienne amie de la princesse. Cette politesse effectuée, Charlat, qui tenait toujours la pique, prit la direction de l'hôtel de Toulouse, demeure de la princesse, pour "faire baiser à cette... ses beaux meubles", mais il y renonça pour se rendre aux Tuileries. Comme on ne les laissa pas entrer avec leur sanglant trophée, ils firent demi-tour. C'est alors que surgit l'idée de se rendre à la prison du Temple pour insulter et effrayer le couple royal.

Trois heures venaient de sonner. Sortant de table, Louis XVI et Marie-Antoinette faisaient une partie de trictrac. Ils entendirent une rumeur qui enflait. Des tambours battaient. Bientôt le cortège hurlant fut sous leur fenêtre.

Un garde municipal, qui découvrait le spectacle hideux, referma aussitôt les fenêtres et les rideaux pour épargner le couple royal. L'agitation s'accroissait dans la rue. On prenait peur. Plusieurs officiers accoururent dans la pièce en demandant au roi de se montrer à la fenêtre pour calmer la foule. Louis XVI exigea de savoir ce qui se passait. Un jeune officier répondit : "Eh bien, Monsieur, puisque vous voulez le savoir, c'est la tête de madame de Lamballe qu'on veut vous montrer." Ces mots glacèrent d'horreur la reine, qui s'évanouit. Ses enfants fondirent en larmes. Dehors, les cris se faisaient plus menaçants. On injuria la reine. Les gardes municipaux empêchèrent l'horrible cortège de pénétrer dans la prison du Temple en plaquant un ruban tricolore sur la porte d'entrée, provoquant la colère des tueurs. Finalement, on négocia. Les assassins de la princesse furent autorisés à faire le tour de la tour du Temple, où logeait la famille du roi.

La tête de Madame de Lamballe était maintenant promenée sous les fenêtres du Palais-Royal à destination du duc d'Orléans, son beau-frère, qui déjeunait. Puis le cortège prit la direction les Halles où un boucher s'empara du coeur, le hacha et offrit à la foule de le manger, ce que celle-ci refusa. Les chiens par contre s’en régalèrent.

Enfin, la tête et le corps que les barbares traînaient avec eux furent jetés sur un tas de cadavres devant le Châtelet. Un proche de la famille de Lamballe, qui avait suivi les assassins toute la journée, parvint à récupérer la tête pour la remettre à monsieur le duc de Penthièvre, beau-père de la princesse de Lamballe, qui la fit enterrer à Vernon.

Les "valeurs de la République" étaient nées...

Plus tard, en 1796, ses assassins furent jugés. Un des principaux, Nicolas Le Grand, franc-maçon, fut condamné à vingt ans de fers ; le dénommé Charlat, également franc-maçon, s’était engagé pour aller combattre les Vendéens, mais il fut tué par ses camarades, à qui il faisait horreur à raison de sa participation au crime.

http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/3-septembre-1792-l-effroyable-depecage-de-la-princesse-de-lamballe-par-les-egorgeurs-sans-culottes-03-09-2013-1720457_494.php

http://www.contre-info.com/cetait-un-3-septembre-1792-massacre-maconnique-de-la-princesse-de-lamballe

Le 3 septembre 1792, la princesse de Lamballe était sauvagement assassinée par les valeurs de la République
Tag(s) : #Histoire en memoire

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