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Alors que les agressions sexuelles se multiplient sur les campus américains, une étudiante de la Columbia University est déterminée à se déplacer avec son matelas sur le campus, jusqu’à ce que son agresseur soit exclu ou quitte l’établissement.

«J’ai pensé que l’idée d’amener quelque chose, que l’on trouve d’habitude dans l’intimité de sa chambre, à la vue de tous reflètait bien la manière dont je souhaitais en parler aux médias, aux chaînes de télévisions...». Ce quelque chose, c’est un matelas. Et Emma Sulkowicz a décidé de le porter, sur ses épaules, où qu’elle aille dans le campus. Une manière pour l’étudiante en «arts visuels» à la Columbia University, d’attirer l’attention. Il y a quelques années, alors qu’elle entame son troisième semestre de cours, elle est abusée sexuellement par un de ses camarades. Aujourd’hui, elle souhaite réagir et se dit prête à poursuivre son opération originale jusqu’à l’exclusion de son agresseur présumé, innocenté par la direction de l’établissement.

«On peut être victime de viol absolument partout, débute la jeune femme, dans une vidéo où elle tente d’expliquer son action, pour moi ce fut dans ma propre chambre étudiante, dans mon propre lit». A l’idée d’y redormir, l’étudiante est dès lors «stressée», comme si elle sentait «le poids de ce qui s’est passé cette nuit-là». Sept mois plus tard, Emma, usée, en fait part aux autorités de l’université. Mais l’administration se montre perplexe et met en doute la parole de la jeune femme, malgré l’appui de deux nouvelles victimes dénonçant le même individu. Trop d’imprécisions, trop d’erreurs dans les témoignages juge l’université qui décide d’innocenter l’étudiant suspect. «J’ai été si naïve de penser qu’ils me croieraient simplement car je leur disais la vérité» regrette-t-elle, amère. «Je n’imaginais pas que l’établissement puisse ne pas se ranger derrière moi» confie-t-elle au HuffingtonPost, en février.

Mais Emma Sulkowicz ne veut pas en rester là. Elle intitule sa thèse «La représentation du matelas» ou «Porter ce poids», comme une référence directe à cette douleur avec laquelle elle doit vivre. Et, dans ce qu’elle appelle une «pièce artistique d’endurance», elle s’engage aujourd’hui à porter jour après jour ce matelas, symbole de sa peine, dans les travées du campus. «Potentiellement, ce projet peut durer jusqu’à la fin de mes études à Columbia» previent-t-elle, exigeant pour y mettre un terme l’exclusion ou le départ définitif de son agresseur.

Le projet «Porter ce poids» est une protestation puissante contre l’injustice, explique-t-elle. Elle doit «forcer la communauté de Columbia à se rendre compte de la douleur émotionnelle et du traumatisme physique que répresente une agression sexuelle». Une des règles fondamentales de sa représentation est d’ailleurs de ne jamais demander d’aide, mais de pouvoir accepter celle de ceux qui voudraient lui porter main forte. Encore une fois, comme un symbole.

Emma Sulkowicz est la 23e étudiante qui dénonce l’établissement de New-York, comme responsable d’«une mauvaise gestion» dans le traitement d’affaires graves comportant des actes d’agression sexuelle. Le département américain de l’éduction doit se prononcer sur son intention, ou non, de procéder à l’ouverture d’une enquête.

http://etudiant.lefigaro.fr/international/actu/detail/article/matelas-sur-le-dos-une-etudiante-victime-d-un-viol-demande-l-exclusion-de-son-agresseur-8614/#xtor=AL-201

Plus d’une vingtaine d’étudiantes reprochent à la Columbia University de ne pas avoir su condamner des agressions sexuelles dont elles se disent avoir été victimes.

Plus d’une vingtaine d’étudiantes reprochent à la Columbia University de ne pas avoir su condamner des agressions sexuelles dont elles se disent avoir été victimes.

Tag(s) : #Etat du monde

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