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Les actes de racisme se multiplient à Tanger, et les violences n’en finissent plus de se poursuivre dans le quartier de Boukhalef à Tanger où une cinquantaine de Tangérois avaient déjà attaqué le 15 août dernier des migrants subsahariens à la machette et au couteau.

Selon l’activiste espagnole des droits de l’homme Helena Maleno, les subsahariens clandestins en partance pour l’Europe qui s’étaient vu accorder un délai de 48h pour dégager les lieux, ont été agressés en présence de la police marocaine « sans que celle-ci n’intervienne ». Mme Maleno aurait elle-même été agressée et traitée de « pute espagnole, chrétienne de merde ».

Une cinquantaine de Marocains se sont donc attaqués à subsahariens venus assister à un festival africain, notamment les femmes et les enfants. Les agresseurs ont ensuite brûlé des poubelles et des conteneurs.

Le quartier de Boukhalef avait déjà déploré des ratonnades anti-migrants en décembre dernier qui s’étaient conclu par le décès de Cédric, un jeune Camerounais de 16 ans qui s’était jeté du 4e étage pour échapper à la police, déclenchant des représailles.

Cette fois c’est un Marocain qui a égorgé un ressortissant sénégalais à l’arme blanche consécutivement à des affrontements survenus le 29 août dernier entre des résidents du quartier Al Irfane, banlieue de Boukhalef, et des Subsahariens. Un Camerounais a également été gravement blessé par arme blanche, ainsi que treize autres personnes blessées plus légèrement.

Les Subsahariens ne décolèrent pas suite à ces pertes dans leurs rangs. Ils ont marché dans les rues du quartier Al Irfane transportant le corps de la victime égorgée en réclamant justice, refusant de céder sa dépouille aux agents du ministère de la Santé pour son transfert à la morgue.

Ces actes racistes subis par des ressortissants subsahariens sont de plus en plus fréquents à Boukhalef, puisque les jeunes de banlieue, bénéficiant du laxisme des autorités, multiplient les provocations en toute impunité.

Le meurtre du Sénégalais est la preuve d’un racisme déclaré et assumé qui tend à se banaliser dans tout le nord du Maroc, notamment à Nador et Tanger, les deux points de chute des candidats à l’immigration vers l’Europe.

Un Ivoirien clandestin désireux d’immigrer vers l’Espagne, et blessé à la tête dans l’attaque du 29 août, témoigne :

« Nous étions dans le quartier Boukhalef avec des amis, lorsqu’on a vu des Noirs courir en notre direction et dire "Barrez vous, les Arabes arrivent !". Au loin, on a aperçu des gens avec des djellabas. Certains avaient le visage caché. Ils jetaient des cailloux, mais d’autres étaient armés de machettes et de couteaux. J’ai voulu m’enfuir, mais j’ai reçu une pierre sur la tête et je me suis évanoui. Quand je me suis réveillé, j’étais à l’hôpital. J’ai une grosse entaille sur la tête et j’ai été lacéré dans le dos. J’ai fui la Côte d’Ivoire il y a quatre ans, et ça fait trois mois que je suis à Tanger. Des amis m’avaient proposé de venir habiter à Boukhalef avec eux. Je n’ai pas eu d’alternative : ailleurs, c’était soit trop cher, soit les locataires noirs n’étaient pas les bienvenus. Hier, mes amis m’ont appelé pour me dire que les assaillants étaient entrés chez nous et avaient tout saccagé ».

Un autre témoigne encore :

« On m’a dit qu’il fallait que je parte car j’étais noir. Pourtant, j’ai un travail, j’ai mes papiers. Mais ces soirées-là, où ça chauffe, il n’y a aucune distinction. Ce ne sont rien d’autre que des scènes de justice populaire : les assaillants accusent les Noirs d’être des squatteurs, des alcooliques, à l’origine de problèmes d’insécurité dans le quartier. Comme ils estiment que les autorités ne prennent pas suffisamment le problème au sérieux, ils ont décidé de les chasser eux-mêmes. Ils font l’amalgame entre "Noir-sans-papier-insécurité", alors qu’il y a beaucoup d’habitants en situation régulière à Boukhalef, qui payent leur loyer. Ce sont des groupes organisés avec un chef qui donne des ordres. Ils sortent le plus souvent le vendredi, après la prière du soir, et visent à la tête, ce qui laisse penser qu’ils veulent blesser mortellement. Ils entonnent des chants racistes en arabe tels que "on ne veut plus voir ces singes ici "ou "c’est notre guerre sainte ! " ».

En réaction à ces attaques, une centaine de Noirs africains ont défilé dans les rues de Tanger pour dénoncer les violences dont ils sont régulièrement victimes, avant d’être dispersés par la police. Ces épisodes haineux se sont multipliés ces six derniers mois.

La chaîne France 24 a tenté d’obtenir un rendez-vous avec le Conseil Régional des Droits de l’Homme pour Tanger, en vain. La région de Tanger compterait plus d’un millier de migrants subsahariens, dont environ 800 dans le seul quartier de Boukhalef. Selon les chiffres officiels le Maroc compterait 30 000 clandestins sur son territoire.

http://observers.france24.com/fr/content/20140901-tanger-attaques-machette-noirs-africains-maroc-violence-racisme-migrants

http://www.bladi.net/violences-racistes-migrants-tanger,40080.html

http://www.yabiladi.com/articles/details/28964/racisme-tanger-marocain-egorge-senegalais.html

http://observers.france24.com/fr/content/20130718-casablanca-proprietaires-interdire-location-africains-discrimination-raciale

Racisme à Tanger où les noirs sont attaqués à la machette pour leur couleur de peau
Racisme à Tanger où les noirs sont attaqués à la machette pour leur couleur de peau
Racisme à Tanger où les noirs sont attaqués à la machette pour leur couleur de peau
Racisme à Tanger où les noirs sont attaqués à la machette pour leur couleur de peau
Tag(s) : #Racisme d’ailleurs

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