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L’électricité leur a été coupée il y a deux semaines. Une dégradation de plus de la situation des Roms qui se sont installés dans l’ancien cabinet du Dr Lamarre. La situation sanitaire critique du lieu pourrait conduire à leur évacuation. La ville explique avoir pris sa part mais des possibilités de relogement existent.

« Nous sommes intégrés, nous voulons vivre mieux ! » Quelques mots écrits au feutre noir sur un bout de carton. Hier, une quinzaine de Roms a manifesté devant la mairie. Des familles qui logent au 93, rue de la Vigne. Dans l’ancien cabinet du Docteur Christophe Lamarre, qui avait ouvert sa porte à des personnes qu’il soignait et qu’il savait en difficultés, au lendemain de leur expulsion du campement du Galon d’Eau.

C’était il y a presque un an. Et la situation ne s’est pas améliorée. « Il est gentil le Dr Lamarre », expliquent ces parents dont les enfants sont scolarisés. Mais sa gentillesse et l’obligation de porter assistance a été largement débordée. Et aujourd’hui, le quotidien des occupants du bâtiment de la rue de la Vigne est très dégradé.

« On n’a pas d’électricité. On a froid. Les enfants sont malades. Il y a des souris qui mangent les oreilles des enfants… » lancent ceux qui sont venus devant la mairie « spontanément ». C’est en tout cas ce qu’on assure du côté du Collectif de solidarité avec les Roms de Roubaix. « Nous ne voulons plus de souris, de cafards, d’humidité », clament sur des panneaux ceux qui attirent sur eux l’animosité des habitants du quartier. « Cela fait cinq ans qu’on est ici. On cherche du travail mais on ne trouve rien. »

La coupure d’électricité était latente. Depuis que son ancien cabinet héberge des familles roms, la facture pour le Dr Lamarre dépasserait les 15 000 €. Le médecin a tenté de faire prendre en charge par la collectivité. « On m’a toujours fait espérer des choses et je n’ai rien eu. » Un premier délai avait été donné jusqu’au début du mois de juillet. Avec des démarches de la Ville, EDF a accepté de prolonger jusqu’en août la fourniture de courant avec une ristourne de 30 %. Jusqu’au jour de la rentrée des classes, où l’alimentation a été coupée.

C’est pour cela que les Roms sont venus demander l’assistance de la mairie. Et ils ne comptaient pas se contenter d’une entrevue au cabinet du maire. « On n’a que 150 € par mois pour une famille avec six enfants. On ne peut pas vivre. Il faut faire quelque chose », réclamaient ceux qui, faute d’un geste, promettaient de « revenir devant la mairie tous les jours ».

Une évacuation dans les semaines à venir

« Tout seul, je ne peux plus ! Je veux qu’on me donne un coup de main… » Christophe Lamarre reprend dans un souffle. « Je ne suis pas le médecin des Roms, je suis le médecin de tout le monde ! » Et c’est son code de déontologie qu’il met en avant pour expliquer pourquoi, il y a un an, il ouvrait sa porte à des familles roms expulsées. Sauf qu’aujourd’hui, « on m’a fait des promesses mais rien n’a été tenu ». Alors il baisse les bras et s’en remet à d’autres. Il a cru au projet que Sylvane Verdonck, adjointe au maire chargée de l’insertion (UDI), a remis au maire fin août.

En vain. Car hier, au cabinet du maire, on a été très clair. « C’est un projet personnel qui n’aboutira pas. » La principale intéressée n’était pas au courant. « La ville de Roubaix prend déjà largement sa part », objecte Margaret Connell, adjointe au maire chargée de la sécurité (UMP). « Nous avons pris nos responsabilités. C’est à LMCU désormais de prendre les siennes. » Mais pas seulement. « C’est au Dr Lamarre et à l’État de régler le problème ». Mais Sylvane Verdonck n’abdique pas. Un logement à Villeneuve-d’Ascq pourrait être attribué via le conseil général à la famille d’un enfant polyhandicapé. Et elle rappelle que, via le PACT, quatre logements rue Nain et Voltaire peuvent être occupés par des familles de la rue de la Vigne.

Administrativement, le D r Lamarre peut demander l’expulsion. La Ville de son côté a diligenté en juillet une enquête de la commission d’hygiène et de sécurité sur le local de la rue de la Vigne. Elle devrait conclure à de graves défaillances et à une mise en péril de ceux qui y habitent. Ce qui supposerait une évacuation. « Cela peut aller très vite. Peut-être un mois. » M. G.

http://www.nordeclair.fr/info-locale/roubaix-les-roms-de-la-rue-de-la-vigne-manifestent-devant-ia50b12891n475028

« Nous sommes intégrés, nous voulons vivre mieux ! » Quelques mots écrits au feutre noir sur un bout de carton. Hier, une quinzaine de Roms a manifesté devant la mairie. Des familles qui logent au 93, rue de la Vigne. Dans l’ancien cabinet du Docteur Christophe Lamarre, qui avait ouvert sa porte à des personnes qu’il soignait et qu’il savait en difficultés, au lendemain de leur expulsion du campement du Galon d’Eau.

C’était il y a presque un an. Et la situation ne s’est pas améliorée. « Il est gentil le Dr Lamarre », expliquent ces parents dont les enfants sont scolarisés. Mais sa gentillesse et l’obligation de porter assistance a été largement débordée. Et aujourd’hui, le quotidien des occupants du bâtiment de la rue de la Vigne est très dégradé.

« On n’a pas d’électricité. On a froid. Les enfants sont malades. Il y a des souris qui mangent les oreilles des enfants… » lancent ceux qui sont venus devant la mairie « spontanément ». C’est en tout cas ce qu’on assure du côté du Collectif de solidarité avec les Roms de Roubaix. « Nous ne voulons plus de souris, de cafards, d’humidité », clament sur des panneaux ceux qui attirent sur eux l’animosité des habitants du quartier. « Cela fait cinq ans qu’on est ici. On cherche du travail mais on ne trouve rien. »

La coupure d’électricité était latente. Depuis que son ancien cabinet héberge des familles roms, la facture pour le Dr Lamarre dépasserait les 15 000 €. Le médecin a tenté de faire prendre en charge par la collectivité. « On m’a toujours fait espérer des choses et je n’ai rien eu. » Un premier délai avait été donné jusqu’au début du mois de juillet. Avec des démarches de la Ville, EDF a accepté de prolonger jusqu’en août la fourniture de courant avec une ristourne de 30 %. Jusqu’au jour de la rentrée des classes, où l’alimentation a été coupée.

C’est pour cela que les Roms sont venus demander l’assistance de la mairie. Et ils ne comptaient pas se contenter d’une entrevue au cabinet du maire. « On n’a que 150 € par mois pour une famille avec six enfants. On ne peut pas vivre. Il faut faire quelque chose », réclamaient ceux qui, faute d’un geste, promettaient de « revenir devant la mairie tous les jours ».

Une évacuation dans les semaines à venir

« T out seul, je ne peux plus ! Je veux qu’on me donne un coup de main… » Christophe Lamarre reprend dans un souffle. « Je ne suis pas le médecin des Roms, je suis le médecin de tout le monde ! » Et c’est son code de déontologie qu’il met en avant pour expliquer pourquoi, il y a un an, il ouvrait sa porte à des familles roms expulsées. Sauf qu’aujourd’hui, « on m’a fait des promesses mais rien n’a été tenu ». Alors il baisse les bras et s’en remet à d’autres. Il a cru au projet que Sylvane Verdonck, adjointe au maire chargée de l’insertion (UDI), a remis au maire fin août.

En vain. Car hier, au cabinet du maire, on a été très clair. « C’est un projet personnel qui n’aboutira pas. » La principale intéressée n’était pas au courant. « La ville de Roubaix prend déjà largement sa part », objecte Margaret Connell, adjointe au maire chargée de la sécurité (UMP). « Nous avons pris nos responsabilités. C’est à LMCU désormais de prendre les siennes. » Mais pas seulement. « C’est au Dr Lamarre et à l’État de régler le problème ». Mais Sylvane Verdonck n’abdique pas. Un logement à Villeneuve-d’Ascq pourrait être attribué via le conseil général à la famille d’un enfant polyhandicapé. Et elle rappelle que, via le PACT, quatre logements rue Nain et Voltaire peuvent être occupés par des familles de la rue de la Vigne.

Administrativement, le D r Lamarre peut demander l’expulsion. La Ville de son côté a diligenté en juillet une enquête de la commission d’hygiène et de sécurité sur le local de la rue de la Vigne. Elle devrait conclure à de graves défaillances et à une mise en péril de ceux qui y habitent. Ce qui supposerait une évacuation. « Cela peut aller très vite. Peut-être un mois. » M. G.

Roubaix : les Roms de la rue de la Vigne manifestent devant la mairie
Tag(s) : #Deliquescence

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