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Moins d'un an après sa sortie de redressement judiciaire, le volailler breton Doux a franchi une étape importante avec l'entrée à son capital, annoncée lundi, du groupe saoudien Almunajem, son plus gros client au Moyen-Orient depuis 40 ans.

Moins d'un an après sa sortie de redressement judiciaire, le volailler breton Doux a franchi une étape importante avec l'entrée à son capital, annoncée lundi, du groupe saoudien Almunajem, son plus gros client au Moyen-Orient depuis 40 ans.

Le groupe familial saoudien a décidé de «convertir sa créance et de souscrire à une augmentation de capital, représentant in fine 25% du capital» du volailler, a indiqué Doux dans un communiqué, rappelant que cette décision s'inscrivait «dans le cadre des accords passés avec D&P», le principal actionnaire du volailler.

Almunajem, premier client de Doux, «confirme ainsi son engagement stratégique de contribuer durablement à l'objectif de toutes les parties prenantes, de pérennisation des activités industrielles et des marques du groupe Doux dans leur configuration actuelle», a ajouté le volailler dont le siège se trouve à Châteaulin (Finistère).

Le capital de Doux est ainsi désormais détenu à 25% par Almunajem et à 75% par D&P Participations, filiale à 100% de la holding de Didier Calmels, homme d'affaires spécialisé dans la reprise d'entreprises en faillite.

«Qu'un groupe international rentre au capital d'une société agroalimentaire bretonne deux ans et demi après son dépôt de bilan et moins d'un an après sa sortie de redressement judiciaire, c'est un acte fort et de confiance», s'est félicité Arnaud Marion, président du directoire de Doux, joint au téléphone par l'AFP. «C'est une grande fierté pour nous tous!», a-t-il ajouté.

«On a une société aujourd'hui qui est profitable, qui est désendettée, qui honore son plan (de continuation, ndlr) et qui a un actionnariat fort, stable et prestigieux», a-t-il souligné. «Je pense qu'on est bien armés pour faire face aux défis à venir et aux prochaines étapes du plan».

«C'est une excellente nouvelle pour nous, ça va nous donner une bouffée d'oxygène», a réagi Patricia Le Bars, déléguée centrale CFDT du groupe. «Ca faisait un moment qu'on attendait, là on est rassurés (...), ça veut dire que le groupe Almunajem a confiance en nous», a-t-elle ajouté.

Le groupe Doux, qui emploie encore quelque 2.200 personnes, avait été placé en redressement judiciaire en juin 2012, en raison de dettes importantes. Dans la foulée, il avait supprimé près d'un millier d'emplois avant d'établir un plan de continuation, validé fin novembre 2013 par le tribunal de commerce de Quimper.

Ce plan reposait sur un accord de recapitalisation prévoyant que la société D&P devienne l'actionnaire majoritaire avec 52,5% du capital. A ses côtés, devait également entrer au capital Almunajem (25%), tandis que la famille Doux devait garder 22,5% des parts, contre 80% auparavant.

Cet accord devait être finalisé au premier trimestre 2014. Cependant, fin juin, le volailler avait indiqué que le capital du groupe était détenu à 100% par D&P, assurant qu'Almunajem et la famille Doux avaient toujours la possibilité d'entrer au capital. Cela ne reste désormais vrai plus que pour la famille Doux.

Doux a notamment dû faire face à l'arrêt en juillet 2013 des aides européennes à l'exportation de poulet (restitutions). Avec son concurrent breton Tilly-Sabco, ils étaient les derniers en Europe à recevoir ces subventions, qui leur permettaient de supporter le différentiel de compétitivité avec le Brésil, leur principal concurrent.

Plus petit avec 326 salariés, le groupe de Guerlesquin (Finistère) a été placé en liquidation judiciaire fin septembre. Il a jusqu'au 30 octobre pour trouver un repreneur. «Ca ne fait pas du tout partie de notre stratégie», a cependant assuré lundi M. Marion.

Almunajem est un groupe diversifié dans le secteur de l'agroalimentaire qui opère notamment en tant qu'importateur grossiste de denrées surgelées. Il est partenaire de Doux depuis plus de 40 ans, dont il est l'importateur et le distributeur exclusif en Arabie Saoudite.

Il emploie quelque 15.000 personnes, hommes et femmes, saoudiens et expatriés de plus de 20 nationalités différentes, selon la version française de son site internet.

http://www.20minutes.fr/economie/1464641-20141020-doux-groupe-saoudien-almunajem-prend-25-capital-volailler

Un groupe saoudien entre au capital du volailler breton Doux
Tag(s) : #Deliquescence

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