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Le mardi 30 mars 2010 vers 19 h 10, Dan L., un jeune homme « blond avec une queue de cheval et un tatouage » se présente à l’entrée du magasin Batkor de Bobigny pour acheter un pinceau et de la peinture. Mais le magasin est fermé depuis dix minutes et l’agent de sécurité et maître chien Saïd Bourarach, 35 ans, musulman non pratiquant et analphabète, ne peut pas le laisser entrer. Il s’ensuit alors une altercation dans laquelle fusent des insultes suivies par des coups.

Saïd Bourarach sort une bombe de gaz lacrymogène sans toutefois l’utiliser. Deux témoins entendent Dan L. prononcer cette phrase : « On va te tuer ». Un employé du magasin témoigne : « Le client, un blond d’environ 25 ans, retourne à sa voiture où l’attendait sa copine, et en ressort alors aussitôt, torse nu et muni d’un cric. Il crie à Saïd Bourarach « On va revenir tout casser » ».

Cinq minutes plus tard, appelés par Dan L., arrivent quatre hommes de 18 à 26 ans : son frère Michaël L., et des cousins ou amis, Lucien D., David L. et Dan S., résidant à Pantin pour la plupart (les noms sont donnés dans la vidéo).

Certains d’entre eux attaquent le vigile qui lâche sa chienne sur eux et utilise sa bombe de gaz lacrymogène. Des coups de poing et de cric sont portés sur le vigile qui part se réfugier dans le magasin, mais l’un des hommes crie : « Je vais tuer ton chien ! ». Saïd Bourarach, pour protéger son chien, sort du magasin malgré le danger. Poursuivi par ses agresseurs, il est contraint de s’enfuir en courant le long du canal de l’Ourcq. C’est la dernière fois que ses collègues le voient vivant.

Son corps a été repêché le lendemain quelques mètres plus loin, à trois mètres de profondeur.

L’évolution de l’enquête, le fait que la victime soit d’origine marocaine et que les jeunes agresseurs soient de confession juive et parfois soupçonnés de liens avec la Ligue de défense juive, ont poussé différentes associations à s’indigner de l’absence de réactions politiques et surtout du laxisme des autorités judiciaires. Pour l'opinion publique Saïd s'est tout simplement noyé tout seul.

Une source policière de Seine-Saint-Denis ayant suivi l’affaire Bourarach dresse quand même un portrait relativement précis des mis en cause :«Saïd Bourarach a été agressé par de jeunes feujs du style "9-3 en force". Certains, dont Dan L., le principal mis en cause, sont bien connus des forces de l’ordre pour de multiples conneries de voyous. Nous savons également que leurs sentiments identitaires sont très affirmés comme beaucoup de jeunes de banlieues aujourd’hui, mais qu’il ne s’agit pas à proprement parler d’activistes politiques influents de la communauté juive.»

Les services du renseignement intérieur sollicités après les faits ont bel et bien retrouvé trace de l’engagement du groupe de Pantin, et de Dan L., à la LDJ en 2008, au moment de l’affaire de la rue Petit où trois jeunes juifs avaient été agressés alors qu’ils se rendaient dans une synagogue du XIXe arrondissement de Paris.

Dan L. traîne à Pantin une réputation défavorable. Autour de la rue Lépine, l’endroit où il habite, il est décrit à l’unisson «comme un jeune d’une vingtaine d’années extrêmement vindicatif». L'avocat de la famille Bourarach, MeAhcène Taleb confirme qu’«à la lecture du dossier, Dan L. apparaît comme un individu foncièrement violent». Son passé mentionne plusieurs faits de violences, des refus d’obtempérer, et des usages de stupéfiants récurrents.

La procureure de la République de Bobigny, Sylvie Moisson, n’a retenu «aucun élément permettant de donner à l’affaire une quelconque connotation raciste ou religieuse ni d’un côté ni de l’autre».

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Saïd_Bourarach

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/03/27/la-justice-n-a-pas-oublie-said-bourarach-le-vigile-noye-dans-le-canal-de-l-ourcq_4390411_3224.html

http://www.liberation.fr/societe/2010/05/10/mort-du-vigile-la-piste-tenace-du-racisme_625209

Tag(s) : #Communautarisme

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