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Quand les anarchistes de la Commune de Paris de 1871 incendiaient et détruisaient les archives parisiennes

Pendant la Commune de Paris, le 23 mai 1871, les communards incendient volontairement de nombreux bâtiments publics dont l’hôtel de ville de Paris à l'initiative de l'anarchiste Jean-Louis Pindy : le premier exemplaire de l'état civil et des registres paroissiaux est alors anéanti en quelques heures, de même que la collection complète de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, qui avait été transférée à l’hôtel de ville de Paris. L’état civil parisien se trouvait dans une annexe de l'hôtel de ville au 4 avenue Victoria annexe qui est incendiée en premier. Quelques jours auparavant, le 17 mais 1871 au Club de la Trinité, Louise Michel avait prononcé cette phrase : « Paris sera à nous ou n’existera plus ! ».

Le 24 mai 1871, au lendemain de la destruction de l'hôtel de ville, les communards incendient le palais de Justice sur ordre du blanquiste Théophile Ferré : le deuxième exemplaire de l'état civil et des registres paroissiaux disparaît à son tour. Outre les bureaux de l'état civil, une grande partie du Palais est détruite : la partie affectée au tribunal de première instance, la police correctionnelle, les archives, le parquet général, le parquet du procureur de la République, les cabinets des juges d'instruction, les deux salles des cours d'assises (achevées seulement deux ans auparavant), une grande partie de la Cour de Cassation, la Cour d'appel, la salle des pas-perdus et la grand-chambre.

Pendant ces journées des destructions de la Commune de Paris, de nombreux autres bâtiments parisiens sont incendiés, anéantissant en quelques heures des siècles d'histoire : le palais des Tuileries, la bibliothèque du Louvre (le Musée du Louvre échappe à la catastrophe), le Palais-Royal, le palais d'Orsay avec la Cour des comptes, la préfecture de police, le ministère des finances situé dans le Palais des Finances, le palais de la Légion d'honneur (entraînant la disparition de nombreux dossiers de titulaires de la Légion d'honneur), la maison de Prosper Mérimée rue de Lille (anéantissant une partie de ses livres et toute sa correspondance), les Magasins généraux et la gare de Lyon. Étaient également prêtes à brûler : la Sainte-Chapelle (déjà recouverte de pétrole), la cathédrale Notre-Dame (l'incendie est éteint par les internes de l'Hôtel-Dieu), la bibliothèque de l'Arsenal et même les Archives nationales. Les Archives nationales sont sauvées grâce à l'intervention du communard Louis-Guillaume Debock qui s'oppose à leur incendie volontaire souhaité par d'autres communards.

Avant la destruction de l’hôtel de ville de Paris et du palais de justice, les Archives de Paris disposaient, pour la collection municipale, de 4 114 registres paroissiaux antérieurs à 1792 (Ancien Régime) avec 81 registres de répertoires, 47 registres de publications de bans et 15 registres pour l’état civil des Protestants, ainsi que de 7 300 registres d’état civil contenus dans 1 002 cartons pour la période 1792-1859. L’ensemble des pertes représente plus de huit millions de documents, la mémoire de la population parisienne depuis le xvie siècle est pratiquement anéantie avec les plus grands moments de l’histoire de France et notamment les naissances, baptêmes, mariages, décès et sépultures des plus grandes personnalités du pays.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Registres_paroissiaux_et_d'état_civil_à_Paris

Tag(s) : #Histoire en memoire

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