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D’après « les dires qui tournaient dans la cité » ces derniers jours, Salah avait intérêt à se taire. Voire à ne pas se présenter devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine ce lundi, pour témoigner des sévices que lui ont infligés au moins quatre garçons de son quartier, le 29 décembre 2012 dans une cave de la cité des Tertres, à Bagneux.

Mais Salah a décidé de parler « parce qu’ils sont allés trop loin ». Dans les premières minutes de sa déposition à la barre, la voix de ce jeune homme de 25 ans tremblote. Mais il s’accroche et déroule son histoire. Elle commence le 28 décembre, quand il a accompagné son copain Wassim dans une cave de la cité, où ce dernier avait repéré une sacoche de cannabis et d’herbe. « On l’a volée. Il y avait 100 g de cannabis et quelques sachets d’herbe, un couteau et de la cellophane ». Les deux amis se partagent le butin. « Dans la nuit, je me suis débarrassé du produit, j’ai eu peur. » Peur de la réaction des propriétaires de la drogue… qui n’a pas tardé.

Dès le lendemain, « Wassim m’a appelé. Fallait que je vienne tout de suite dans le hall. Ils étaient là. » « Qui ? » demande la présidente de la cour, Arielle Baylet. « Kamal, Sarra, Ibrahim et Samir », répond Salah en se triturant les mains dans le dos. Les quatre garçons sont assis dans le box des accusés. Ils ne bronchent pas. « Ils ont demandé si c’était nous… et j’ai reçu très vite un coup de batte, reprend le jeune homme en avalant ses mots. Je suis tombé. Ensuite, ils ont frappé mon ami, et moi encore. »

La présidente veut savoir qui a frappé avec la batte. « Le premier coup, c’est Kamal ou Sarra. » La victime peine à dire combien de coups elle a reçu, combien de temps a duré son calvaire. « Quand ça se passe, on a l’impression que c’est une éternité. Je sais que ça a duré cinq heures, mais je croyais que c’était au moins 12 heures. »

Après le passage à tabac dans le hall de l’immeuble, les deux voleurs de shit sont enfermés dans un fourgon « garé pas très loin ». Y montent « Kamal, Samir, Ibrahim, Sarra » et les « coups de pieds, de poings, de batte » pleuvent. « Ils voulaient qu’on avoue. »

Au bout d’un moment, Wassim est emmené ailleurs, dans une cave. Salah est maintenu dans le camion. « Sarra est revenu avec une machette. Il m’a dit Wassim a avoué, maintenant c’est ton tour. Il m’a dit de choisir une main et de la poser par terre. Ben… j’ai choisi une main et il m’a entaillé les doigts. » Quand l’annulaire pendait, Salah a cru qu’il allait « tomber ». « Alors j’ai mis l’autre main. Il a continué. Comme s’il coupait de la viande. »

L’horreur s’est terminée dans la chaufferie, puis dans une cave de la cité, où le père de Salah a retrouvé son fils et Wassim ensanglantés, tuméfiés et terrifiés. En plus des quatre principaux agresseurs, deux geôliers comparaissent dans cette affaire. A la question : « Reconnaissez-vous votre participation à l’enlèvement, séquestration avec actes de torture et barbarie ? » posée par la présidente, tous ont répondu « non ». Le procès dure toute la semaine.

http://www.leparisien.fr/bagneux-92220/il-est-venu-avec-une-machette-il-m-a-dit-choisis-une-main-13-04-2015-4689489.php

Tag(s) : #Faits divers

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