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300 migrants de Calais répartis dans plusieurs régions françaises

Sélectionnés dans la «jungle» de Calais parce qu'ils ont renoncé à leur projet d'immigration vers l'Angleterre, ils ont été répartis dans une quinzaine de petites villes et villages, parfois reculés.

Répartis aux quatre coins de l'Hexagone, loin de la boue de la «jungle» de Calais. «300 migrants, qui ont renoncé à leur projet migratoire vers le Royaume-Uni, pourront (…) bénéficier d'une mise à l'abri ailleurs en France, sans que cette offre soit conditionnée par le dépôt préalable d'une demande d'asile», a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais dans un communiqué diffusé lundi soir.

«A cette fin, un troisième départ à destination de centres d'accueil et d'orientation métropolitains sera organisé ce mardi 3 novembre», a ajouté la préfecture, précisant qu'il s'agissait de centres situés à Mondonville, Toulouse et Luchon (Haute-Garonne), Grand-Quevilly et Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), La Roche-sur-Yon (Vendée) Gétigné (Loire-Atlantique), Peyrat-le-Château (Haute-Vienne), Meymac (Corrèze), Guéret (Creuse), Taizé (Saône-et-Loire), Roanne, Boën-sur-Lignon et La Tour-en-Jarez (Loire) et Pessat-Villeneuve (Puy-de-Dôme).

Ce transfert loin de la «jungle» de Calais, où sont présents quelque 6.000 migrants dans des conditions précaires, doit leur permettre de jouir «d'un temps de répit, dans des conditions stables et rassurantes, au cours duquel ils pourront bénéficier d'un suivi sanitaire et social, prendre la mesure de leur situation et reconsidérer leur projet d'immigration au Royaume-Uni», estime la préfecture.

«Je n'accepterai pas une personne de plus»

La plupart des maires se sont vu imposer les migrants par l'État sans avoir leur mot à dire. Ainsi, à La Tour-en-Jarez, petite commune de 1200 habitants dans la Loire, les migrants seront accueillis par le centre d'accueil de l'association entraide Pierre-Valdo. La mairie n'a pas été consultée et dit ne pas être au courant des conditions d'accueil.

A Peyrat-le-Château, village de 900 habitants en Haute-Vienne, une trentaine de migrants venus de Calais arriveront dès ce mardi soir. Ils seront accueillis dans les locaux de colonies de vacances du CCAS, le comité d'entreprise d'EDF. «Ça part ce matin, ça arrive ce soir», commente, laconique, une employée de la mairie, sans donner plus de détails.

A Boën-sur-Lignon (Loire), c'est dans l'ancien hôpital local, réquisitionné par l'État pour en faire un centre d'asile en 2013, que les migrants sont accueillis. Actuellement, la structure héberge 140 personnes, pour une capacité maximale de 150, rappelle le maire de la commune, Pierre-Jean Rochette (divers-droite). «Je n'accepterai pas une personne de plus que la capacité maximale», affirme-t-il visiblement agacé de n'avoir pas été consulté. La mairie souhaite racheter l'hôpital à l'État pour en faire une maison de santé. «Je respecte la convention que nous avons signé avec l'État mais je ne veux pas, qu'à terme, le centre d'asile reste sur la commune. 150 réfugiés pour 3400 habitants, c'est beaucoup: si toutes les communes de France respectaient la même proportion, le problème de Calais serait réglé!» Les migrants accueillis proviennent en majorité d'Afrique subsaharienne, des Balkans et plus récemment du Proche-Orient. Quand on lui demande combien de temps les migrants vont rester, il éclate d'un rire jaune: «Je n'en ai aucune idée. Certains sont là depuis l'ouverture du centre, il y a deux ans et demi.»

«Situation d'urgence et transitoire»

A Pessat-Villeneuve (Puy-de-Dôme), c'est dans le château que seront accueillis une cinquantaine de migrants. En provenance de Calais, ces personnes isolées sont toutes volontaires pour demander l'asile en France. Leurs bus devraient arriver entre 19 heures et 21 heures dans le Puy-de-Dôme.

«Tout est allé très vite. Mais dans ce genre de situation, l'urgence humanitaire prend le pas sur tout le reste. L'affaire a été réglée en moins d'une semaine. Le temps qui s'est écoulé depuis le premier contact entre les services de l'État et la municipalité de Pessat-Villeneuve», détaille le quotidien La Montagne. «Les réfugiés seront accueillis dans les deux dortoirs du château et pourront bénéficier de sanitaires et de la salle de restauration. Ils seront pris en charge par l'association “Forum réfugiés”, notamment pour leur alimentation.»

Dans La Creuse, à Guéret, vingt personnes vont être logés à l'hôtel pendant une semaine, puis à l'Institut régional de formation. «On ne sait pas combien de temps ils vont rester», avoue la mairie socialiste qui parle d'une «situation d'urgence et transitoire».

Ces départs volontaires de migrants sont le résultat des «maraudes sociales» effectuées au sein même du camp de la Lande (l'autre nom de la «jungle») et annoncées par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve lors de sa visite à Calais le 21 octobre. Les deux précédents départs de migrants vers des centres accueils avaient concerné 293 d'entre eux le 27 octobre et 402 le 29 octobre.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/11/03/01016-20151103ARTFIG00244-300-migrants-de-calais-repartis-dans-plusieurs-regions-francaises.php

Tag(s) : #Anti-France

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