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Syrie : la coalition arme les djihadistes et les médias complices désinforment

« L’un des problèmes majeurs auquel nous devons faire face aujourd’hui est le fait que les pays occidentaux pensent réellement que le monde leur appartient », qu’ils représentent la communauté internationale et qu’eux seuls seraient détenteurs de valeurs « universelles », de démocratie et de droits de l’Homme, lesquelles seraient prioritaires sur toute autre considération. C'est ce que Bouthaïna Chaabane, Conseillère politique du Président Bachar Al-Assad et membre de la Délégation de la République arabe syrienne aux pourparlers de Genève, déclarait à l’été 2016.

Les Occidentaux ont une fâcheuse tendance à penser que « les gens qui adoptent des comportements semblables aux leurs sont plus civilisés et plus modernes que les autres ». Mais ces valeurs, qui leur permettent de donner « une caution morale à leurs politiques cyniques », ne sont en rien universelles, expliquait-elle il y a quelques semaines. D’ailleurs, à chaque tentative de promotion du renversement d’un régime par les gouvernements occidentaux, reflet d’un colonialisme encore vivace, cela a tourné au fiasco. 

Il faut, qu’une fois pour toutes, les Occidentaux entendent que leurs idéaux ne peuvent se transposer dans des régions aux mœurs culturellement et structurellement différentes, sauf à se voir reprocher une démarche paternaliste. Les Syriens « n'acceptent pas qu'on leur dise pour qui voter, comme à l'époque des colonies », or les élections ont montré sans contestation possible que le peuple syrien soutenait le président Bachar Al-Assad.

Les personnes civilisées sont celles « qui restent fidèles à la terre qui les a vues naître. Qu'y a-t-il de rétrograde à aimer son pays, à le servir ? », demande-t-elle. Bouthaïna Chaabane explique que la Syrie, pays riche d’une civilisation vieille de dix mille ans, n’accepte pas de se voir dicter sa politique de l’extérieur.

Les Occidentaux savent-ils d’ailleurs qu'avant les conflits « la Syrie ne comptait aucun sans-abri, que les infrastructures sanitaires et éducatives fonctionnaient ? Chaque village comptait son école gratuite. Les étudiants allaient à l'université pour à peine 20 dollars par an ! Et, surtout, la Syrie n'avait pas de dette extérieure. C'est un point essentiel qui nous a attiré des haines tenaces », ajoute t-elle.

La décision de la France de fermer son ambassade à Damas en 2012, malgré l’alerte donnée par l’ambassadeur sur la situation réelle du pays, a été une grossière erreur dans la mesure où l’information ne passait plus. Selon Bouthaïna Chaabane cette mesure visait à nier la réalité pour mieux renverser le président syrien.

Le 1er octobre 2014, le vice-président américain déclarait devant des étudiants de Harvard : « Notre plus gros problème, ce sont nos alliés dans la région. Les Turcs sont de grands amis, ainsi que les Saoudiens et les résidents des Émirats arabes unis. Mais leur seul intérêt était de renverser le président syrien Bachar el-Assad et, pour cela, ils ont mené une guerre par procuration entre les sunnites et les chiites et ont fourni des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d'armes à tous ceux qui acceptent de lutter contre Bachar el-Assad ».

Les Etats-Unis, désireux de remodeler la Syrie en fonction de leurs intérêts géopolitiques, refusent de coopérer avec l’Armée syrienne et avec les Russes, malgré le fait que l’Armée arabe syrienne et la Russie soient parvenus à faire reculer le terrorisme et à libérer de nombreuses villes, y compris la ville historique de Palmyre, préférant s’acoquiner avec « les rebelles modérés » qui n’ont de modéré que l’intention que les dirigeants occidentaux leur donnent. Non seulement ceux-ci savent qu’il n’existe aucune opposition « modérée » mais surtout soutiennent sans réserve des « gangs de sanguinaires qui tuent des civils dans notre pays depuis plus de cinq ans ».

Le fait est qu’à aucun moment il n’a été question pour la coalition de détruire les velléités des islamistes, même si, pour donner une légitimité à ce conflit c’est l’argument qui a été offert aux bons peuples européens désireux de savoir qu’ils contribuent indirectement à lutter contre le Mal. L’unique but visé était de détruire Bachar, comme auparavant Saddam avec cette monstrueuse escroquerie à l’arme de destruction massive. Tout démontre donc qu’il n’y a aucune volonté en réalité de lutter contre le terrorisme, celui-ci permettant même de désinformer à bon compte.

Les groupes anti Bachar armés par les régimes occidentaux mènent une guerre contre la Syrie afin d’anéantir son rôle « dans la région et dans le monde arabe, au profit du projet sioniste et des intérêts colonialistes de l’Occident », affirme encore Bouthaïna Chaabane.

Il en a coûté 300 000 vies, des tortures, du racket, de la terreur, de l’intimidation, de l’embrigadement d’enfants jusque dans nos cités, convaincus d’aller faire le djihad pour la bonne cause quand ils ne se battaient en réalité que pour les pays coalisés.

Et Bachar est toujours là…

Bouthaïna Chaabane raconte que durant la Première Guerre mondiale, les réfugiés chrétiens qui fuyaient le génocide perpétré par les Turcs se sont rendus dans le village du grand-père de Bachar où celui-ci à demandé à ce que les villageois les accueillent. « Un Assad ne cède jamais aux pressions », dit-elle, ajoutant que sur le plan personnel, les journalistes occidentaux peuvent témoigner d’un président très accessible et proche de son peuple.

Le peuple syrien est un peuple fier et la Syrie n’a jamais abandonné sa souveraineté durant cette guerre visant pourtant à détruire son identité et sa culture. Elle n’envisage pas davantage de céder sa place dans un processus de reconstruction.

Selon elle, les médias occidentaux ont relayé les mensonges et la propagande des télévisions arabes comme Al-Jazeera financée par le Qatar ou Al-Arabyia financée par l’Arabie saoudite. « Ils ont fait preuve d'une paresse intellectuelle qui n'est pas à leur honneur », ajoutant que « on a fait taire certains journalistes occidentaux parce qu'ils disaient la vérité ».

Selon Mediapart en mars 2016, l’Armée Syrienne Libre, ces « gentils rebelles modérés » soutenus financièrement par les EU et le régime socialiste français entre autres - lequel lui a livré « des armes létales » - aurait conclu une alliance tactique avec l’Armée de l’Islam soutenue par les Qataris et les Saoudiens.

Cette même coalition arabe « bombarde avec des armes occidentales des milliers de civils yéménites depuis plus d’un an et demi – avec des conséquences humanitaires désastreuses. Cette diplomatie de l’indignation sélective est irrationnelle et contre-productive », peut-on lire sur ce site.

L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) est la seule source d’information occidentale sur la guerre mais son dirigeant vit au Royaume-Uni. « Comment les peuples occidentaux peuvent-ils contester les politiques de leurs gouvernements à l’égard de la Syrie et du Moyen-Orient s’ils ne reçoivent que des informations déformées et des narrations fabriquées de toutes pièces ? », s’interroge Bouthaïna Chaabane.

« Le New York Times envoie ses dépêches sur Alep depuis Beyrouth, The Guardian depuis Istanbul, la BBC depuis Londres, et ainsi de suite. Il n'y a pas un seul journaliste occidental sur place à Alep, et pourtant le monde occidental se croit le mieux informé sur la situation dans cette ville. L'ONU condamne des massacres mais elle ne dispose d'aucune source information fiable sur celles-ci » confirme John Laughland, directeur des Etudes à l'Institut de la Démocratie et de la Coopération.

Un habitant d’Alep a témoigné sur France Culture de ces « rebelles » (les djihadistes) qui ne donnent de la nourriture qu’à ceux qui acceptent de combattre à leurs côtés. Une femme expliquait encore qu’ils faisaient en sorte de s’infiltrer parmi la population, générant des victimes collatérales car, comme à l’accoutumée, les djihadistes ont pour habitude de se cacher dans des écoles et des hôpitaux.

Un réfugié de l’Est d’Alep relatait à un Français vivant sur place comment sa vie avait été détruite par les rebelles financés par les régimes occidentaux : « Nous avons été déplacés trois fois. Ce que les gens ne comprennent pas c’est que nous sommes syriens comme n’importe qui ici, nous avons juste été dépossédés de nos vies. Avant, j’avais une entreprise, des employés, huit machines, on travaillait la pierre. Comme je venais travailler à Alep, « l’Armée libre », comme on les appelait avant, en a déduit que j’étais pro régime. Ils ont brûlé ma maison, volé mes machines et ils m’ont tiré une balle dans la jambe. J’ai tout perdu et je ne peux même pas nous payer un loyer maintenant. J’ai monté cette tente contre la mosquée et je tiens cette petite échoppe pour survivre avec mes quatre enfants ».

A l’accusation de soutenir un dirigeant qualifié de « sanguinaire », Bouthaïna Chaabane justifie : « Lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser à Homs devant une école, tuant cinquante enfants de moins de douze ans, il n'y a pas eu la moindre protestation ni condamnation de la part d'un gouvernement occidental. Quand les terroristes ont investi la ville d'Adra, égorgeant les femmes et les enfants dont le seul tort était d'être loyalistes, comment voulez-vous que l'armée, qui a en charge la sécurité du pays, réagisse autrement que par la force ? C'est la responsabilité d'un gouvernement et de ses soldats de protéger les citoyens ».

En prenant une position extrême, le gouvernement français, qu’elle prend soin de distinguer du peuple français, a « sciemment encouragé le terrorisme en Syrie ». L’explication en serait pour elle que le Qatar ayant acquis une partie du patrimoine français, il exigerait « un retour sur investissement ».   

Pour quelles raisons les responsables de ce chaos ont-ils lâché leurs mercenaires sur la Syrie, ces « pions manipulés par les sionistes, les réactionnaires arabes et l’impérialisme », en les « noyant dans un flot d’argent, d’armes et de munitions », alors que depuis des années les terroristes ravagent Alep et ses monuments inscrits au patrimoine de l’humanité et qu’ils assassinent son peuple ? demande  Bouthaïna Chaabane.

 

Les informations données en Occident se trouvent en totale contradiction avec ce que vivent les Syriens sur le terrain. Afin de servir leur propagande, les gouvernements français et anglais se sont servis d’émigrés sous influence, installés chez eux de longue date et coupés de leur pays d’origine, lesquels se sont montrés incapables de témoigner de la réalité sur place. Les gouvernements de la coalition n’ont de cesse de semer la discorde en Syrie, de détruire ses infrastructures et d’armer les terroristes pour mieux la mettre à genoux.

 

« A chaque fois que l’armée syrienne se trouvait sur le point d’anéantir le terrorisme dans l’une des régions du pays », des réunions du Conseil de sécurité se tenaient en urgence « sous prétexte d’assistance humanitaire » alors même « que des années de guerre ont prouvé qu’ils sont, eux-mêmes, les meneurs et les dirigeants de cette guerre ».  

 

Un journaliste français a révélé qu'avant de partir à la conférence de Genève, le ministre turc des Affaires Etrangères d’alors, Ahmet Davutoglu, leur avait donné pour instruction de ne pas évoquer la lutte contre le terrorisme encouragé par les autorités turques elles-mêmes, et demander le départ de Bachar. Des puissances comme le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie financent et envoient des terroristes armés vers la Syrie. Le gouvernement syrien s’est montré coopératif envers les initiatives de l’ONU mais ces pays ont œuvré à saboter les pourparlers de Genève et à détruire la trêve en vigueur depuis février 2016. La Turquie a par ailleurs envoyé autour d’Alep huit mille combattants djihadistes pour perpétrer des massacres au sein de la population.

 

En septembre 2016, les médias mainstream ont relaté l’attaque d’un camion humanitaire par les forces aériennes syriennes et russes. Or, aux dires de la Commission d’enquête, aucune frappe aérienne n’a eu lieu, l’histoire a été totalement bidonnée. En effet, le représentant du ministère russe de la défense, le général-major Igor Konachenkov, a attesté que « ni l’aviation russe, ni l’aviation syrienne n’ont effectué de frappes aériennes sur ce convoi de l’ONU », avant de contester la version américaine qui affirmait le contraire.

 

En effet, la vidéo ne montrait « aucune trace de frappes aériennes ». Le convoi de camions ne portaient en outre « aucun trou d’obus », aucun « dommage dans leur carrosserie ni de brèche dans leur structure », preuves attestant que « les destructions sont la conséquence directe d’un incendie du chargement ». A quoi Igor Konachenkov ajoutait que le convoi humanitaire était accompagné « d’un pick-up tirant un mortier de gros calibre » appartenant aux « combattants ».

 

Les notions typiquement occidentales de camp du Bien (nous les gentils) et de camp du Mal (eux, les méchants) relèvent de la plus dangereuse naïveté utopiste et de la plus paternaliste fatuité. L’idéal n’est pas de ce monde, l’idéal n’est pas humain. Personne n’est gentil, chaque force en présence ne recherche que son intérêt propre. La moralisation à visée démocratique, sentiment particulièrement vaniteux, sent mauvais quand elle sort de son territoire lénifié pour aller s’imposer de force avec cynisme chez les autres. L’ingérence est un fléau, a fortiori quand on ne sait pas chez qui on la pose.

 

Reste la légitimité qui peut, elle, s’apprécier. Or, Bachar Al-Assad, s’il n’est pas le président idéal, est celui que le peuple syrien désire majoritairement avoir à la tête de son pays. Tout le reste n’est qu’enfumage géopolitique et médiatique.

http://www.lecourrierderussie.com/international/2016/09/syrie-bombardement-humanitaire-alep-moscou-washington/

http://www.opex360.com/2016/09/22/syrie-qui-sont-les-responsables-de-lattaque-dun-convoi-humanitaire-pres-dalep/

https://francais.rt.com/international/27220-syrie-attaque-convoi-humanitaire-alep-mis-en-scene

http://newparadigm.schillerinstitute.com/fr/media/her-excellency-dr-bouthaina-shabaan-reconstruction-with-syrian-characteristics-rebuilding-a-truly-diverse-and-more-secure-world-based-on-the-lessons-of-the-syrian-experience/

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/12/16/31002-20161216ARTFIG00292-alep-la-realpolitik-est-plus-humaine-que-le-manicheisme-moralisateur.php

Tag(s) : #Manipulation

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