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L'arbre à pommes de Plougastel, une tradition ancestrale celtique

A Plougastel-Daoulas, une tradition héritée des druides est perpétuée chaque année, celle de l'arbre à pommes qui, mis aux enchères, créé un lien symbolique entre les vivants et les morts.

Dans la religion catholique, le 1er novembre représente le jour de tous les saints. Veille du jour des morts et lendemain il revêt, à Plougastel, une connotation particulière, celui du jour de « l'arbre à pommes ».

C’est une tradition unique, perpétuée dans la presqu'île de Plougastel-Daoulas depuis 2 000 ans, mi-païenne mi-chrétienne, qui trouve son origine dans les breuriez (frairies) et son enracinement dans la célébration de « Samhain », festin de la fin de l'été chez les Celtes. On y honorait les morts pour assurer le renouveau de la fertilité terrestre et la prospérité de la tribu. Depuis des temps immémoriaux, la pomme symbolise à la fois la mort et la fertilité, l'arbre étant le trait d'union entre les mondes terrestre et céleste.

L'arbre à pommes, aussi appelé « Gwezenn an Anaon » (arbre des morts), est généralement taillé dans une branche de houx ou d'if de laquelle partent des ramifications régulières. Au bout de ces « branches », sont fixées des pommes par l'acquéreur de l'année précédente, la plus belle étant placée en haut. L'arbre ainsi garni est présenté à l'assemblée avant le début des enchères. Une fois celles-ci terminées, l'ancien acquéreur ôte alors la pomme du sommet et la garde pour lui. Le nouvel acquéreur distribue ensuite les pommes de l'arbre aux enfants présents.

Le terme de breuriez, du breton "breur", "frère", représente l'une des vingt-et-une petites unités territoriales de la commune de Plougastel. Chaque village ou chapelle constituant un « breuriez » a son arbre et tous les 1er novembre, après avoir fait bénir et partagé le pain des morts qui sera dégusté le soir, l'arbre est mis aux enchères.

Cette cérémonie ancestrale est « un héritage de nos ancêtres druides et cela remonte à plus de 2 000 ans ». Pourtant, cette présentation à l’assistance d’une branche d’if ou de houx piquée de pommes, symbole de la connaissance et de l’immortalité, et sa vente aux enchères accompagnée de chants et de prières ont failli disparaître. « Dans les années 60, il y en avait une vingtaine dans la commune ; puis les gens sont passés à autre chose. À la fin des années 1970, tout s’est arrêté ».

L'arbre à pommes de Plougastel, une tradition ancestrale celtique

Aujourd’hui, seules trois cérémonies demeurent : à Feunteun-Wenn (la Fontaine-Blanche), le fief de Loïc Caret, lui-même participant actif à cette tradition, à Keralch’un et une troisième qui fait le tour des chapelles. Chaque famille du breuriez doit, normalement, pouvoir s'en porter acquéreur à tour de rôle. « Je me souviens que jadis, dans mon quartier, les habitants avaient l’arbre à tour de rôle. À ce rythme-là, Il fallait presque quarante ans pour qu’il fasse le tour du village. Ailleurs, il allait dans la famille qui pleurait la perte d’un proche. Il n’y a jamais eu d’unité dans la cérémonie », précise Loïc Caret.

La tradition voulait que celui qui s'efforçait d'acquérir l'arbre ait généralement subi un deuil dans l'année. D'autres le confiaient aux missionnaires natifs de Plougastel. L'argent collecté était reversé à la paroisse et servait à faire dire des messes. Cependant, les membres du clergé local n'étaient pas tous en accord avec cette tradition et pouvaient, par exemple, refuser de bénir les pains. La vente de l'arbre ne s'est jamais pratiquée au sein ou devant une chapelle. Elle se tenait soit sur la place du village, soit dans une grange, soit chez l'ancien acquéreur. À l'issue de la vente, l'acheteur choisissait, sur l'arbre, les pommes qu'il voulait, gardant toujours celle du sommet pour lui; les autres étaient distribuées à l'assistance. Enfin, il gardait l'arbre chez lui jusqu'à la cérémonie suivante.

Il a fallu s’adapter aussi à un public de moins en moins attiré par les choses de l’Église. D’autant plus que quelques fâcheries avec le clergé local mirent fin, un moment, à la bénédiction des pains. Mais, quelle que soit la façon de faire, chacun tient à rester fidèle à l’esprit de rendez-vous du « breuriez » (qui représente un quartier ou une entité liée à une chapelle) : rassembler les gens, garder une trace du passé et, peut-être le plus important, « conserver le lien entre les vivants et les morts ; chose qui tend à disparaître aujourd’hui, » conclut celui qui a aussi voulu maintenir le breton pour mieux saluer la mémoire des ancêtres.

http://www.ouest-france.fr/plougastel-larbre-pommes-un-heritage-des-celtes-3805517

http://www.letelegramme.fr/finistere/plougastel-daoulas/toussaint-arbre-a-pommes-arbre-des-morts-27-10-2015-10827618.php

http://fr.topic-topos.com/arbre-a-pommes-plougastel-daoulas

Tag(s) : #Histoire en memoire

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